Celui qui m'est étranger
aujourd'hui, on ne va pas parler d'un sujet très drôle. Même si je pense que c'est rarement le cas.
TW: je parle de mon rapport au corps, comment je le vois aujourd’hui après beaucoup de changement. Les mots peuvent parfois être un peu dur. Attention au personne sensible à se sujet.
Je n’ai jamais eu de problème avec mon corps, depuis le début de mon adolescence disons que je suis ok avec celui-ci et que je l’accepte plutôt bien. Bien sûr, parfois, je me disais que je devrais faire attention. Mais ça ne durait pas plus de quelques heures, je revenais très vite à la réalité.
J’ai la génétique de mon père sur ce coup-là, et non celui de ma mère. Je prends vite, mais je perds vite. À l’époque, je devais être un peu plus au-dessus de la moyenne des filles de mon âge. Puis quand je regarde les photos maintenant, je me dis que j’étais juste parfaite comme j’étais. Je n’avais pas du tout cette vision de moi à l’époque, alors que j’avais le corps idéal dont j’aimerais retrouver.
je pense que je devais avoir vingt ou vingt un ans sur celle-ci
Alors qu’aujourd’hui, pour la première fois, j’ai un rapport compliqué avec celui-ci depuis un petit temps. Je ne suis pas à le détester, mais je ne suis pas loin non plus. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant, ce qui je dois l’avouer est bien difficile. Pour certains, je n’aurais pas de quoi me plaindre. Je l’entends et je peux le comprendre. Mais à l’heure qu’il est, je ne reconnais plus ce corps qui m’appartient.
Lui qui a tant traversé.
Les anti-dépresseurs à foisons depuis trois ans, les amis les anxiolytiques qui les accompagnaient, mon souci de manger mes émotions car je ne sais pas les gérer, les maladies qui ne l’ont pas épargnée.
Tout ça reste, tout ça marque.
photo quand j’avais 17 ou 18 ans, je l’aime tellement cette photo là
J’ai toujours eu plus de mal à m’aimer de l’intérieur, que de l’extérieur. Cela fait un bon moment que je travaille plutôt sur ce qu’il y a à l’intérieur. Alors si en plus je dois m’occuper de l’extérieur, ce n’est pas gagné. Il est difficile d’en arriver là, après tout ce qu’il s’est passé et ce qu’il se passe encore.
Je vois chaque petit détail, chaque petit défaut qui me sautent à l’œil comme une bombe.
Ce ventre qui est si souvent gonflé à cause de tous ces médicaments et de ces inflammations,
ses hanches qui ont pris plus de forme qu’avant,
mais surtout cette peau qui tombe sous mon menton et qui me fait un double menton. C’est lui qui me rends le plus malade, je crois.
Alors tous les jours en faisant ma skincare, je fais des petits massages de quelques minutes mais sûrement pas assez suffisant pour que cela soit efficace je pense. Certains soirs, je demande à Chatgpt des solutions. J’ai même demandé les prix pour une liposcusion du cou.
Oui, on en est là.
photo 2018 (18 ans)
On est au point, où je n’arrive même plus à me regarder dans un miroir, ni même à regarder les photos de ces deux dernières années. Parce qu’elles me rendent malade, mais surtout très triste.
Je pense aussi que ces dernières années, ne m’ont pas épargnée. Ayant été dans un flou médical, personne pour m’aiguiller, ni même me donner des idées. Ma relation avec mon ex, qui se dégradait jour après jour.
Il y a quelques jours, en regardant les stories d’une fille qui m’inspire et que j’aime beaucoup. Elle parlait du fait qu’elle est partie de plein de choses problématique, relation amoureuse, acceptation de la maladie, beaux-parents, lieu de vie. Non seulement, elle a dégonflé, mais elle a perdu du poids aussi. Elle-même le disait, elle était dans une mauvaise passe et c’est son corps qui a pris un coup. Car notre corps ressent, subis tout. Même les choses dont on ne parle pas.
Ce qui m’a fait beaucoup réfléchir, je dois l’avouer. Je suis dans une phase de changement, qui pour le coup, je pense est bénéfique et positif. Aussi, je suis épuisée et j’ai donc tendance à faire beaucoup de fixation dans ces cas-là. Comme si mon cerveau était en surchauffe.
photo 2018 (19 ans) quand j’ai commencée l’école de communication, première fois où j’aimais à peu près l’école
Il ne faut pas que j’oublie que le corps avec lequel je me compare, c’est celui de mon adolescence ou qui rentrer seulement dans la période adulte.
Ce corps qui est justement maintenant celui d’un adulte. Moi-même, j’ai du mal à y croire quand je le dis.
Mes mots sont peut-être durs, injustes, voir méchant envers ma personne. Mais je ne peux plus le cacher, ni le supporter. Je dois dire la vérité, celle que je vis en ce moment même.
Ps : depuis quelques jours, j’ai commencé à faire des paroles positives en me regardant dans le miroir. Je pense que cela marche plus ou moins, en tout cas ça me fait du bien de les dire. Ça devient même plus facile de les dire.
Du coup, j’ai écrit un petit texte à ce sujet.
Toi, mon corps, mon pilier.
Celui que j’ai souvent apprécié, que maintenant je n’arrive même plus à regarder.
Je me sens abandonnée, dans un corps épuisé qui a déjà tant enduré.
Tu es devenu ma cage, celle dont je n’ai jamais voulu. Emprisonnée dans un corps presque foutu.
J’aimerais pouvoir t’aimer avec tout l’amour que tu devrais recevoir, mais ne m’en veux pas. Pour l’instant, j’en suis incapable.
Quand je te regarde, tu m’es si étranger.
Un corps qui a évolué, changé.
Mais pas encore accepté.






Bravo !! Et bravo pour les photos, c'est pas évident de se montrer au monde (j'en sais quelque chose, je montre jamais ma sale trogne).
Je sais pas comment le dire mais y'a souvent un moment où tout se débloque, où ça devient évident que c'est "son corps à soi" et où la distance qu'on a mis entre les deux devient presque imperceptible ou du moins, plus raisonnable.
Je te souhaite d'aimer ton corps, de le vivre comme étant pleinement le tien et je sais que c'est difficile quand des maladies et médicaments t'en dépossède.
Un sacré parcours que tu as su mettre en mots, tu peux être fière !
Qu'est ce que tu écris bien et qu'elle courage de poster des photos et de dresser ce qu'on ressent comme tu le fais. J'ai écris un truc il y a pas longtemps mais j'ai raccourci et mis aucune photo. Je n'ai pas le courage de faire cela. Tu peux être fière de toi. ☀️