Mon double
Tu as été le pire truc qui puisse m’arriver.
Tu t’es collée à moi, comme une seconde peau dont je n’arrivais pas à me débarrasser.
Je me rends compte que c’est pas moi que je n’aimais pas, c’était toi.
Toi qui essayais d’être parfaite,
D’être si géniale aux yeux des autres,
De tout bien faire.
Quand j’y pense maintenant, tu me donnes envie de vomir.
Parce que c’était pas moi ça, ce n’était qu’une image.
Je n’arrive pas à penser à toi, à moi, à nous.
Pas quand il s’agit du passé.
À chaque fois, la gêne et la honte m’accompagnent.
Parce que je sais, j’ai fait semblant.
Ce n’était pas celle que je suis, juste un mensonge.
Une illusion.
Aujourd’hui, je suis bien plus en paix.
Pour une fois, je sais ce que ça veut dire s’aimer.
Et putain, ça fait tellement du bien, tu n’imagines pas.
Je ne peux pas retourner en arrière, mais je sais que je ne le ferais plus.
Pour moi, pour celle que je suis.
Je sais pas si je t’en veux ou pas, ou plutôt si je m’en veux.
J’aimerais dire que je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, mais ce serait mentir.
Je voulais que l’on m’accepte, que l’on arrête de me rejeter.
Je voulais être quelqu’un, que l’on me remarque.
Alors qu’au fond, j’ai toujours été dans l’ombre, la lumière me faisait bien trop peur.
Aujourd’hui, je brille.
Surtout, je me sens en vie pour la première fois.
Et tu ne peux pas savoir comment ça fait du bien.
Je me sens plus légère, je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué.
« Il y a quelque chose qui a changé chez toi ».
C’est vrai, mais je ne saurais l’expliquer.
M’aimer n’était pas pensable, aujourd’hui j’y arrive enfin.
Le poids que je ressentais est parti, avec lui ce double que je déteste tant.
Je pensais qu’elle était ma sauveuse, elle était ma persécutrice.
Je peux enfin dire que je me suis libérée de cette tentatrice, qui n’était qu’une apparence.
Tu étais vide, sans vie.
Sur la retenue.
Toujours.
Une chimère que je voulais atteindre, alors qu’au fond ce n’était pas elle que je voulais.
Tu étais un but, une victoire.
Au fond, tu étais un échec.
Une fausse croyance.
J’ai décidé de faire la paix avec moi, de m’accepter d’abord, de me comprendre.
Je ne pouvais plus faire comme si je n’existais pas, que je n’étais pas là.
Parce que je suis.
J’existe.
Image Pinterest de Khachatryan Syuzanna
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Merveilleux texte (et quel beau chemin parcouru !!)
Quelle libération de pouvoir enfin être soi-même 🫶🏽